"Il n'y a jamais entre passé, même passé lointain, et temps présent, de rupture totale, de discontinuité absolue [ ] Les expériences du passé ne cessent de se prolonger dans la vie présente, de la grossir."
Fernand Braudel
Chers amis lecteurs "sympathisants de la Royale Jeunesse Elsautoise",
Il m'apparaît avant tout opportun de remercier les responsables de la Royale Jeunesse Elsautoise pour le privilège, signe de considération qu'ils me témoignent, décrire la préface de ce mémoire retraçant un siècle d'activités.
Vous expliquer comment et pourquoi la "Royale Jeunesse Elsautoise" est pour moi l'image d'une grande famille dont je suis, en raison d'âge, pour les animateurs du présent, à l'équivalent d'un grand- père.
Quelles raisons dès mon enfance ont éveillé en moi le sentiment pour la Jeunesse. élève de l'école d'Elsaute de 1927 à 1933, époque où Jeunesse et Dramatique Elsautoises ne forment qu'une société unique dans le hameau et qui, à l'occasion de la kermesse annuelle du 15 août, organisent des activités d'actualité sans négliger les enfants. En 1931, la Fête de Saint-Eloi, mise sur le moulin, est bien accueillie des Elsautois, mais aussi par nous, les écoliers, car nous y participons. Je suis pris d'admiration pour les animateurs : je souhaiterais avoir quinze ans pour m'inscrire dans leurs rangs.
Le moment est arrivé : l'occasion, je la saisis, j'en fais partie et au fil du temps, des responsabilités me sont confiées ; le but est atteint, les statuts sont respectés,
Mariage = départ mais pour moi, séparation n'est pas divorce.
Membre honoraire, fidèle aux activités, peut-être en raison d'un domicile inchangé, j'apprécie le dynamisme, la motivation et l'évolution des jeunes responsables, tout en respectant les traditions de bon aloi. Suite au décès du Président d'Honneur, Henri Pirenne-Roba, dont le souvenir n'est pas éteint, je suis appelé à lui succéder.
J'apprécie beaucoup cette confiance et je souhaite être resté un ami, surtout pas un chef, "ALBERT" pour tous; c'est ainsi que je suppose encore être admis à ce jour, voilà qui justifie mon attachement à la "Royale Jeunesse Elsautoise".
Pour terminer, j'émets un vœu "plaise à Dieu" que la Royale Jeunesse Elsautoise soit animée pendant au moins un siècle, et plus, par des dirigeants jeunes, dynamiques et motivés, tel il est prouvé aujourd'hui après un siècle héroïque.
Albert Keutgens, Président d'Honneur
En 1895, quelques jeunes Elsautois décident d'animer le prochain été d'une fête organisée autour du 15 août. La Jeunesse Elsautoise est née ! L'initiative prise est importante et relève d'un véritable défi : organiser une fête, c'était s'octroyer un week-end de délassement unique dans une année faite de labeur au service de l'exploitation familiale. "Faire la fête" en 1895 n'était encore en rien une expression galvaudée, répétée chaque semaine voire tous les soirs: elle signifiait ni plus ni moins le seul pôle de divertissement des jeunes; on voyageait peu et les préoccupations quotidiennes des gens étaient à mille lieues de l'invention du cinéma, des premiers vols ou des premières pétarades des automobiles; la création d'un comité pour la fête s'apparentait à une révolution; faire partie de la Jeunesse constituait un honneur tant chacun attendait avec impatience ses 14 ans pour enfin être admis dans la société.
La première fête annuelle possédait déjà tous les ingrédients de la kermesse villageoise: tombola, course, bal, jeux populaires. De surcroît, la fête se clôtura sur un bénéfice qui ne put qu'encourager le comité à persévérer dans ses initiatives. Ce qui fut bientôt fait puisque dès l'année suivante, le même programme était à l'affiche: seuls les cyclistes prenaient la place des tilburys de l'année précédente. Premières fêtes, premier comité mené par Victor Van Aubel (président), L.. Degueldre (secrétaire) et L. Grignard (trésorier).
Premier trésorier, ce dernier reste le premier historien de la Jeunesse, grâce à la tenue tant précieuse que précise des comptes, témoins ultimes et jaunis de la vie (elsautoise) au début du siècle, où l'addition des centimes remplaçait l'accumulation actuelle des zéros: un timbre - cuvée 1895 - coûtait 1 centime alors que la première insertion du programme des festivités dans le Journal d'Aubel (cf. infra) en 1898 fut payée 2,30 F.
Les membres de l'époque avaient de la suite dans les idées et, dès 1900, une part des bénéfices réalisés fut engagée dans l'achat d'actions de la ville de Liège, générant des intérêts conséquents.
L'argent n'est pas que judicieusement placé par la Jeunesse: il vient aussi récompenser ses membres, ou plutôt ses anciens membres, atteints par la "limite du mariage". La Jeunesse assiste ainsi aux premiers départs puisque les membres actifs se doivent d'être célibataires: en 1899, le budget de la société se trouve grevé de 26 francs suite aux mariages de L. Degueldre et V. Van Aubel qui reçoivent respectivement un fauteuil et une garniture de cheminée, cadeaux de mariage traditionnels dans les années 1900.
La Jeunesse Elsautoise adopte donc un rythme annuel, sans jamais connaître de contretemps, axé autour du bal en plein air sur un plancher loué à M. Ruwet ou en la salle de M. Grignard au Haut-Vent qui peut donc être considérée comme le premier "pied-à-terre" de la Jeunesse- ; axé aussi autour de courses diverses (vélos, chevaux, motos) parmi lesquelles les épreuves hippiques vont bientôt connaître - et pour longtemps - une renommée nationale et même internationale sous l'impulsion de Henri Pirenne, grand amateur de la race chevaline, qui dès 1902 est appelé à la présidence de la Jeunesse. Sa Jeunesse qu'il ne quittera que 66 années plus tard vaincu par le mors pardon! par la mort
Personnage mythique désormais, Henri Pirenne-Roba incarne ce que les membres successifs de la société se sont donné comme ligne de conduite: l'engagement, la créativité, la fidélité, valeurs rarement démenties au cours de ce siècle d'existence.
Engagement et Fidélité, notre Président d'Honneur possédait ces deux qualités: après avoir passé six ans à la tête de la Jeunesse entre 1902 et 1907, il revint conseiller et encadrer ses successeurs dès après la Première Guerre Mondiale pour ne plus les quitter. Fidèle Président d'Honneur de 1918 à 1968, il avait en plus des facultés jamais mises en défaut d'organisateur et d'animateur.
En effet, si notre village se trouvait animé l'été par la fête du mois d'août et ses préparatifs, les périodes froides de l'hiver ne trouvaient guère de prétexte à s'enflammer. 1903 vit alors l'apparition du premier concert donné sur les terres elsautoises. Année après année, le coup d'essai devint coup de maître appuyé par la passion et le talent de deux personnalités locales: le Président de l'époque Henri Pirenne et l'instituteur Martin. Il n'en fallait pas plus pour que la Dramatique Elsautoise voit le jour: dès 1905, une oeuvre de Henri Pirenne régie par M. Martin était jouée en la Salle du Haut-Vent. La Jeunesse avait investi la scène et ne laissa dès lors plus à personne le soin d'animer une soirée du mois de décembre, en l'honneur de Saint Eloi. Pour "son dévouement et son empressement", l'instituteur Martin reçut en cadeau sa photographie agrandie. L'initiative, remarquée et remarquable, le fut d'autant plus que la Jeunesse procéda lors de cette première représentation de la Dramatique Elsautoise en 1905 à une collecte qui, alimentée largement par la caisse de la société, permit de placer à la Caisse d'épargne 40 francs destinés en cas de nécessité aux indigents. La Jeunesse Elsautoise avait alors fait preuve d'une solidarité que les événements à venir lui permettraient de rééditer.
Car si, jusqu'en 1913, les activités se succédèrent avec régularité, la guerre vint interrompre comme nombre d'autres choses les organisations de la Jeunesse. Les responsables de l'époque n'en décidèrent pas moins d'utiliser l'avoir en caisse à de bonnes oeuvres: ils donnèrent 150 francs aux pauvres de Clermont et de Henri-Chapelle ainsi que 50 francs destinés aux soldats prisonniers de Henri-Chapelle.
C'est d'ailleurs pour leur venir en aide que la Dramatique Elsautoise, synonyme à l'époque de Jeunesse Elsautoise, reprit ses concerts en 1918 au profit d'œuvres de bienfaisance. Les bénéfices de 406.63 et 326.20 francs furent partagés en trois parts égales entre les prisonniers de la commune de Clermont, ceux de la commune de Henri-Chapelle et les pauvres de la paroisse. La fin de la guerre apporta pour tous les Elsautois la délivrance et pour les jeunes une véritable renaissance.
Dès le 27 avril 1919, la Jeunesse organise des courses de chevaux, expérience qu'elle renouvela lors de la fête du mois d'août pour laquelle la société consentit des dépenses s'élevant globalement à 6502 francs que vinrent équilibrer des recettes encore supérieures. Les courses à Elsaute attiraient la grande foule, et dans le sillage des spectateurs-parieurs, les bookmakers qui enregistraient les mises et firent connaître Elsaute au-delà de la capitale. La Jeunesse n'en oubliait pas pour autant les plus démunis et organisait un nouveau concert de bienfaisance qui se marquait par un échec. Une période de vaches maigres s'annonçait pour la Jeunesse, du moins au point de vue financier. Indicateur de cette mauvaise passe, 1921, la première fête déficitaire et la disparition du concert de décembre. Les kermesses des années 1921-1932 ne laissent que de piètres bénéfices (quand elles ne se soldent pas par des déficits) ridicules par rapport aux sommes engagées et aux risques encourus. Désormais, il faut jongler avec les milliers de francs. Une escalade dangereuse que la Jeunesse ne put maîtriser en 1929 où des recettes de 14251.8 francs ne purent compenser un investissement total de 15893.95 francs.
Après la fête de 1932, l'avoir de la société plafonnait à 1800 francs alors qu'en 1920, douze ans avant, il s'élevait à 2100 francs.
Cependant, c'est de cette époque que datent les premiers "Règlements d'Ordre Intérieur". Le 3 février 1923, à l'occasion de la formation d'un nouveau comité, une ébauche de règlement fut adoptée, "à l'unanimité des membres présents" :
Le comité principal et le collège des commissaires sont tenus, sous peine d'amende, d'assister à la réunion avant la fête ainsi qu'à toutes les réunions du comité.
Les carnets (de tombola), non retirés à la réunion fixée pour leur distribution, seront passibles d'une taxe d'un franc.
Le montant des dits carnets sera remis au trésorier au plus tard huit jours avant la première journée de fête.
En 1926, le comité mené par Mathieu Nols, Ernest Collard et Joseph Henrard proposa à l'Assemblée Générale des statuts (cfr. infra) témoignant de 30 années d'expérience(s) et de la véritable profession de foi que représente la Jeunesse, unique pôle d'attraction.
Lettre de statut de la Jeunesse Elsautoise :
1895 - 1926
ELSAUTE, juin 1926
Président d'Honneur: M. Henri PIRENNE
Monsieur et cher membre,
Nous avons l'honneur de vous faire parvenir une copie des statuts de la JEUNESSE ELSAUTOISE, proposés par le comité à l'Assemblée Générale du 19 mai et adoptés à l'unanimité. (Voir ci-après)
Nous espérons que vous aurez tous à cœur d'observer les règlements et de nous continuer votre concours pour la réussite de nos festivités. Tous, nous aimons, à l'occasion de la fête
annuelle, d'inviter parents et amis; ce nous est donc un devoir aussi de leur procurer du plaisir, de la distraction. N'est-ce pas dans ce but que la Société a été créée?
Nous avons pour mission de continuer l'œuvre de nos prédécesseurs par tous les moyens: les membres d'honneur par leur générosité ; les membres effectifs par la vente d'un carnet
de tombola et le paiement de leur cotisation ; les plus dévoués, en plus de ce qui précède, par une demi-journée de travail avant et après la fête.
Restons donc unis, faisons-nous un honneur d'être membre de notre belle Société.
Vive la Jeunesse Elsautoise!
Agréez, Monsieur et cher membre, nos salutations les plus cordiales.
STATUTS adoptés à l'Assemblée Générale du 19 mai 1926
A. DéNOMINATION.
Art. 1er. Il est constitué au sein de la Jeunesse Elsautoise, une association de jeunes gens de toutes opinions et classes, sous la dénomination de "Jeunesse Elsautoise".
B. BUT.
Art. 2. Elle a pour objet le divertissement de la jeunesse et la masse en général, en créant et entretenant les fêtes annuelles, concerts et excursions.
C. COMITE: COMPOSITION.
Art. 3. Il est créé au sein de la Jeunesse Elsautoise, un comité qui comprend: le Président et le Vice-président, le Trésorier et le Trésorier-adjoint, le Secrétaire et le
Secrétaire-adjoint.
D. DURéE DU MANDAT DES TITULAIRES.
Art. 4. Les membres du Comité et 6 commissaires sont élus pour un an au scrutin secret et à la simple majorité des voix des membres présents à l'Assemblée générale annuelle d'avril.
E. INFRACTION AUX STATUTS.
Art. 5. Tout membre du Comité qui ne se conformerait pas aux présents statuts ou qui, sans s'être excusé par écrit n'assisterait pas à deux séances consécutives, sera
remplacé sans tarder par l'Assemblée générale compétente.
F. VALIDITé DES DéCISIONS DU COMITE.
Art. 6. La présence de la majorité des membres du Comité est nécessaire pour délibérer valablement. Les votes ont lieu à la simple majorité, par assis et levés. Le vote
secret est de rigueur pour les questions de personnes.
G. RéUNION DU COMITE.
Art. 7. Le Comité se réunit chaque fois que le Président l'exige, celui-ci doit en outre le faire, sur demande motivée, du tiers des membres de son Comité.
H. COMPéTENCE DU COMITE.
Art. 8. Le Comité décide de tous les cas non prévus aux présents statuts.
I. ATTRIBUTION DES MEMBRES DU COMITE ET DES COMMISSAIRES.
Art. 9. Le Président: 1° Préside les réunions, assure lexécution des statuts et règlements spéciaux. 2° Prend toutes les mesures pour l'exécution des décisions votées par
les Comité et Assemblées Générales. 3° Signe tous les actes engageant la Jeunesse, et la représente dans ses rapports avec toutes les autorités. 4° Donne des ordres pour les
réunions du Comité et Assemblées Générales.
Art. 10. 1° Le secrétaire est chargé de toutes les écritures, rédige les procès-verbaux des assemblées et les compte-rendus des excursions ou manifestations. 2° Tient la liste
des membres effectifs et d'Honneur et présente au Comité les demandes d'admission. 3° Est dépositaire des registres et archives de la Société dont il dresse et conserve
l'inventaire. 4° Procède d'après les instructions du Président à l'envoi des convocations qui, pour être valables, doivent porter l'ordre du jour, les lieu et heure de la
réunion et être expédiées au moins deux jours à lavance. 5° Il rédige et envoie la correspondance, après en avoir référé au Président. 6° Chaque année, au mois d'avril, il
dresse un rapport sur l'activité de la société pour approbation par le Comité et pour être lu en assemblée générale.
Art. 11. Le Trésorier, 1° est responsable de l'encaisse. 2° Encaisse les cotisations dont il délivre quittance et fait les paiements mandatés par le Président.
Art. 12. Les commissaires veillent en tout temps à l'application des statuts et des ordres leur donnés par le Comité par l'intermédiaire du Président.
J. CATéGORIE.
Art. 13. La Jeunesse se compose des membres effectifs et d'Honneur.
K. ADMISSION.
Art. 14. Sont membres effectifs, tous les jeunes gens ayant atteint l'âge de 14 ans, payant annuellement la cotisation fixée par le Comité. La vente d'un carnet de tombola
leur est obligatoire.
Art. 15. Sont membres d'Honneur, tous ceux qui contribuent par leur générosité et leurs conseils, en acceptant de payer la cotisation fixée annuellement par le Comité. La
qualité de membre d'honneur leur confère le droit d'assister aux réunions générales de la Jeunesse, d'y prendre la parole et l'entrée gratuite à toutes ses fêtes. La vente d'un
carnet de tombola leur est facultative.
L. EXCLUSION.
Art. 16. Tout membre dont les agissements sont de nature à nuire à la bonne marche la Société sera exclu, après avoir été entendu par le Comité présidé à cette occasion par
le Président d'Honneur.
Art. 17. Tout membre exclu ne pourra jamais avoir accès aux festivités organisées par la Jeunesse.
M. CARACTèRE ET TENDANCE DES RéUNIONS.
Art. 18. Chaque membre s'engage à respecter les convictions religieuses et politiques des autres membres.
N. MODIFICATIONS AUX STATUTS.
Art. 19. Les modifications ou révisions aux présents statuts ne pourront être valablement décidées qu'à la majorité des trois quarts au moins des membres présents
dans une Assemblée Générale spécialement convoquée à cet effet.
O. DISSOLUTION.
Art. 20. La Jeunesse ne pourra jamais se dissoudre, pour autant que cinq membres en fassent toujours partie.
P. RéUNIONS GéNéRALES.
Art. 21. Les réunions générales ont lieu sous l'ordre du Président ou à la demande de 6 membres au moins. Leurs ordres du jour porteront:
Les questions désignées par une assemblée antérieure,
Les questions présentées par le Comité,
Les questions présentées par écrit, par n'importe quel membre au Président ou au Secrétaire.
Trésorier Ernest COLLARD
Président Mathieu NOLS
Secrétaire Jos. HENRARD
Trésorier-adjoint Herman NOLS
Vice-Président Mathieu KLEYNEN
Secrétaire-adjoint Jean PARMENTIER
Quelque part, la Jeunesse éprouvait le besoin d'un retour aux sources, d'activités plus modestes centrées sur le village et ses préoccupations. A l'instigation, une nouvelle fois, de Henri Pirenne, la Jeunesse menée par Mathieu Nols, Simon Pirenne et Joseph Henrard, décida de remettre à l'honneur Saint Eloi, patron des orfèvres, des charretiers et des maréchaux-ferrants, dont les reliques reposent en l'église Saint-Roch.
Occupant une place privilégiée dans l'église paroissiale, ce saint n'en était pas pour autant très honoré à tel point que lorsque l'édifice fut entièrement rénové en 1929, seule la statue du bon saint fut dans un premier temps abandonnée à son triste sort avant qu'un vibrant appel à la messe dominicale ne fournisse un "salvateur" financement. Cette péripétie trouva "réparation" le 1er décembre 1931, jour de la Saint-Eloi, avec l'organisation de la première Fête de Saint-Eloi entamée par une messe solennelle après laquelle l'abbé Léonard Spreuwers bénit les cavaliers et les chevaux présents devant la potale érigée dès 1834 sur le terrain de la ferme Henrard-Herzet.
La Saint-Eloi correspondait parfaitement aux préoccupations des Elsautois, d'une part par la présence de cette statue mais aussi par son objet: basée sur un office religieux et une bénédiction, elle mettait en plus à l'honneur le cheval, compagnon fidèle des hommes de la terre qu'étaient tous les habitants d'Elsaute. Les réjouissances s'achevèrent au soir par une représentation théâtrale. En effet, depuis 1929, des Elsautois, avec à leur tête Henri Pirenne, avaient repris le flambeau éteint de leurs prédécesseurs et recréé un semblant de Dramatique Elsautoise. Faute de local, ils n'avaient jamais pu se produire en public jusqu'à cette Saint-Eloi 1931 où une guinguette louée par la Jeunesse leur permit de jouer devant un public ravi, "Nos rfiestant St-Eloye", une pièce écrite pour l'occasion par l'inépuisable Président d'Honneur également auteur de qualité à ses heures Couronnée de succès, cette première St-Eloi en appela bien d'autres, faisant la renommée du hameau que reste Elsaute; année après année cette fête avec sa bénédiction à nulle autre pareille devint rapidement le deuxième pôle d'animation du village après la fête de l'Assomption. Face aux rigueurs de l'hiver, une guinguette n'offrait que peu de protection; il fallut donc trouver un arrangement avec la meunerie Pirenne qui loua régulièrement son dépôt, embryon de la salle actuelle, à l'occasion des manifestations de la Jeunesse.
Depuis lors, la Fête de Saint-Eloi permet le retour des Anciens qui, bravant la météo, viennent saluer la relève autour du bon verre de pèkèt qui réchauffe les plus frileux pendant que la tombola se tire et que les cavaliers réclament à tue-tête le lot n° 151 ou n° 65 qui, au désespoir du responsable de la tombola, a déjà été distribué.
Une nouvelle fois, la guerre entraîna la paralysie des activités de la Jeunesse: en 1939, la Jeunesse décida de remplacer le concert par un bal au profit de l'Oeuvre du Colis du Soldat et des mobilisés de la paroisse. Pendant les années de guerre, comme en 14-18, la Jeunesse se montra solidaire des Elsautois gardés captifs en Allemagne: Julien Hac, Jacques Hac, Joseph Lennerts et Albert Schyns. Elle leur envoya à chacun un colis de 100 francs.
En 1945, la Victoire est là, complète et définitive.
"La Jeunesse Elsautoise se rassemble et se réorganise. Elle débuta ses activités par une petite soirée de Cinéma pour satisfaire limpatiente et nombreuse Jeunesse Elsautoise et en attendant le retour complet de tous ses chers membres prisonniers pour fêter le Grand Bal de la Victoire et de la Libération."
"A la date du 1er juillet, nous avons le bonheur de voir rentrer tous nos chers membres prisonniers. Aussitôt, la Jeunesse se réunit et décide de fêter leur retour le dimanche 15 juillet. La grande fête débute lavant-midi par un brillant cortège et une magnifique grand-messe. Après le service religieux, de nombreux discours furent prononcés au devant de léglise alors que quelques chants patriotiques étaient exécutés par les enfants des écoles. Après ces cérémonies, le cortège se reforma et se rendit à la salle de M. Pirenne où fut prononcé un magnifique discours par notre cher Président dHonneur, M. Pirenne. Ensuite, le Président de la Jeunesse, François Hardy, remercia chaleureusement les délégations ainsi que le nombreux public qui étaient venus assister à notre grande manifestation. Ensuite, il fut servi à tous le traditionnel vin dhonneur. Cette journée mémorable se clôtura par un magnifique "Bal de la Délivrance".Aussi cette grande fête sera et restera pour nous tous un souvenir inoubliable."
Lannée 1945 marque pour toute la Belgique une renaissance après les cinq années que dura le conflit mondial.
Pour la Jeunesse Elsautoise, cette année-là fut dautant plus exceptionnelle que les fêtes de la Libération laissèrent bientôt place aux réjouissances du cinquantième anniversaire de la société, qui fut dignement fêté à loccasion de la Saint-Eloi ; cette journée mémorable du 2 décembre 1945, les archives de la Jeunesse en conserve un précieux compte-rendu.
La journée débute par une grand-messe célébrée en léglise dElsaute. Labbé Crosset fait un sermon de circonstance. Après la messe, la société jubilaire, précédée des enfants des écoles et de lHarmonie sous la direction de M. L. Weckman, se rend au local, où a lieu la réception officielle. 150 personnes sont réunies et sont invitées à prendre le vin dhonneur que leur offre la jubilaire.
Le Président, M. François Hardy, lève son verre pour commémorer les 50 années dexistence de la Jeunesse Elsautoise.
Monsieur Gaspard Schyns donne la généalogie de la jubilaire. Monsieur Desart, instituteur, rappelle aux auditeurs présents les buts dont sétaient inspirés les fondateurs de la société et, en mots touchants, ce qua réalisé la Jeunesse Elsautoise pendant ce demi-siècle d existence. Monsieur Desart est écouté et très applaudi. Monsieur François Hardy, Président, en termes très émouvants, remet au Président dHonneur, en gage destime et de reconnaissance, un superbe bronze représentant le travail, ainsi quune photo encadrée avec linscription: " La Royale Jeunesse Elsautoise. Hommage de reconnaissance à son Président dHonneur. " Ces mots si touchants sont suivis de la signature du comité actuel de la société jubilaire.
( ) Il remet ensuite les photos des quinze Présidents qui se sont succédé depuis la fondation de la société jubilaire et des deux porte-drapeau. Quatre de ces anciens nayant plus le bonheur d être en vie. Leur photo fut remise à leurs proches. Il a aussi des mots très élogieux pour M. Henrard-Herzet et M. Auguste Decolon et leur remet un souvenir de cette journée. Il remercie la section dramatique ; il félicite ses membres et, voulant quils emportent un souvenir de cette journée inoubliable, il leur remet un joli cadeau.
Après, M. le Président dHonneur, très touché de ces hautes marques de gratitude, remercie. Il a un mot pour les disparus pour lesquels Monsieur le Président Hardy a réclamé une minute de recueillement. Il remercie, M. le Curé davoir bien voulu assister à cette fête de jubilé de la Jeunesse Elsautoise. Il sexcuse de ne pouvoir remercier comme il le voudrait M. Desart de son beau discours, présente ses hommages aux anciens membres et promet son appui futur à la Royale Jeunesse Elsautoise. Il se félicite de la section dramatique, a un mot aimable pour Mme Keutiens et Mme Muniken et ne sétonne nullement quà la demande générale, linterprétation du vaudeville " Li Visite de lMatante " doit se renouveler. Il lève son verre aux succès futurs de la Jeunesse Elsautoise. La fête se poursuit dans une ambiance tout amicale jusquau soir où la section dramatique se reproduit devant une salle archicomble. Une partie de danses clôtura cette journée inoubliable où jeunes et vieux sen sont donnés à cœur joie.
Lannée suivante, avec le même enthousiasme, le village reçut comme il se devait les Prémices Sacerdotales du Révérend Père Nicolas Hardy. La Jeunesse s associa au mouvement général et sattacha plus spécialement à décorer le tronçon depuis les Quatre-Chemins jusquà léglise.
Il était temps pour la Jeunesse de retrouver la cadence habituelle de ses activités: Fête annuelle en août et Saint-Eloi en décembre. La société poursuivit donc ses organisations régulièrement sans vagues ni révolutions jusqu aux golden sixties. Régulièrement à lexception du mois daoût 1957 qui accueillit, outre la Fête de lAssomption, deux événements marquants pour la Jeunesse : le 11 août, la Jeunesse fêta les Noces dOr de son Président dHonneur, Henri Pirenne-Roba (cf. infra) alors que ce mois daoût si bien entamé sacheva dans la tristesse avec la disparition, le 27, de son dévoué porte-drapeau Jean Collard, qui avait toujours été pour tous un exemple de dévouement, de loyauté et qui avait toujours su aplanir les difficultés par ses conseils et ses initiatives.
Année 1957, année de grandes festivités pour la "Jeunesse Elsautoise", car voici cinquante ans, notre Président d'Honneur se mariait au grand regret des membres effectifs ; hélas, beaucoup d'entre eux n'ont pas vécu ce grand jour. Notre société a voulu montrer à celui à qui elle doit tant qu'elle prenait part à l'immense joie qui régnait au sein de sa famille et du groupe de ses innombrables amis. Après des journées pluvieuses, le soleil était de la partie ce mardi 13 août ; le cortège formé au local prit le départ à neuf heures précises. La fanfare de Montzen ouvrait la marche, suivie par la bannière et les membres effectifs précédant beaucoup de membres honoraires qui avaient répondu aimablement à notre invitation ; on y remarquait également les délégations des cavaleries de Baelen et d'Andrimont venues de leur propre initiative pour fêter notre grand amateur de chevaux. Arrivé au domicile des heureux jubilaires, notre Président Georges Collard fit un sketch, les invitant à prendre place dans le landau qui les ramena à la Grand Messe solennelle chantée à leur intention. Après l'office religieux, nous nous rendîmes à la réception où étaient invités tous les membres honoraires ainsi que leur famille et les reporters des journaux "Le Jour" et "Le Courrier". Là, ce fut une suite de discours séparés par de gais refrains : ce fut tout d'abord notre Président Georges Collard qui prit la parole au nom de tous les membres effectifs ; dans son discours, celui-ci retraça la vie exemplaire des jubilaires tout en n'omettant pas de parler des services imminents qu'ils nous ont rendus. Ce fut alors le tour de Monsieur Henri Henrard qui parla au nom des membres honoraires tandis que Monsieur Henri Gillet, Président du Conseil de Fabrique, et Monsieur le Bourgmestre de Clermont félicitaient dans leur discours ce Bilstaintois Elsautois de cœur. Après la remise des cadeaux au nom des membres effectifs et honoraires, notre Président d'Honneur très ému remercia tout le monde chaleureusement dans un speech très émouvant, et nous fûmes tous invités à un banquet de remerciement le 17 août.
Lucien Delmestre
Année 1967, année de grandes festivités pour la "Jeunesse Elsautoise", car voici soixante ans, notre Président d'Honneur se mariait au grand regret des membres effectifs. Hélas ! Beaucoup d'entre eux n'ont pas vécu ce grand jour. Notre société a voulu montrer à celui-ci qu'elle prenait part à l'immense joie qui régnait au sein de sa famille et du groupe de ses innombrables amis. Après des journées pluvieuses, le soleil était de la partie ce mardi 13 août ; le cortège formé à la maison du Président d'Honneur prit le départ vers l'église de Bilstain. La bannière et les membres effectifs ouvraient la marche, suivis des membres honoraires qui avaient répondu aimablement à notre invitation. Après la Grand Messe solennelle chantée à leur intention, nous nous rendîmes à la salle de Bilstain, lieu de réception, où étaient invités tous les membres honoraires ainsi que leur famille et les reporters des journaux 'Le Jour" et "Le Courrier". Là, ce fut une suite de discours séparés de gais refrains. Puis le Bourgmestre de Bilstain, prenant la parole, leur remit un magnifique divan, leur souhaitant de devenir centenaires, et les remercia pour tout le bien accompli dans le terroir. Ensuite, Marcel Nols, Président de la Jeunesse, rappela la séance qui, il y a dix ans, eut de Monsieur et Madame Pirenne pour la célébration de leurs Noces d'Or. Monsieur Desart, au nom de la Dramatique, rappelait le don des planches de Monsieur Pirenne et que, depuis 1930 jusqu'à ces dernières années, il assuma la fonction de régisseur de la Dramatique. Et enfin, Monsieur Piron s'associa à l'allégresse générale en félicitant les jubilaires. Les discours terminés, ce fut la remise des cadeaux et des fleurs. L'orchestre Ivan Sacré fit entendre des airs joyeux après que Monsieur Pirenne, très ému, eut remercié tous ceux qui l'avaient congratulé.
La Dramatique à Elsaute n'a à proprement parler pas d'âge: en 1967, elle fêtait dans l'allégresse ses 60 ans, anniversaire qu'elle renouvela 22 ans plus tard ; notre Dramatique a donc aujourd'hui 88 ou 66 ans
Qu'importe ! Elsaute a de tout temps entretenu des relations privilégiées avec le théâtre (wallon). En 1903, le comité invite la Thimistérienne à se produire sur les terres elsautoises ; la demande sera renouvelée l'année suivante mais, dès 1905, des Elsautois se lancent dans l'aventure sur l'initiative de Henri Pirenne soucieux d'apporter aux jeunes l'occasion de participer et de collaborer à une entreprise saine. C'est ainsi que fut joué le premier spectacle made in Elsaute sous la régie de l'instituteur Martin ; année après année, jusqu'à la première guerre mondiale, un concert vint donc régulièrement honorer, au cours de l'hiver, la fête de la Saint-Eloi, objet d'un culte fervent parmi les Elsautois. Malgré les guerres, les générations successives rallumèrent sans cesse la flamme, les jeunes recrues côtoyant les plus anciens pour des passages de relais toujours harmonieux. En 1917, Henri Pirenne fut appelé à la Présidence d'Honneur du groupement dont il était une des principales chevilles ouvrières ; la Dramatique reprit le chemin des planches en 1918 pour deux concerts de bienfaisance dont les bénéfices conséquents pour l'époque vinrent soutenir les plus démunis, et même si de 1921 à 1930 les activités dramatiques furent provisoirement suspendues, il n'en fallut pas beaucoup pour qu'à l'occasion de la première fête de Saint-Eloi en 1931, une nouvelle génération ne reprenne le flambeau encore fumant tout comme en 1949 une troisième génération d'acteurs prit la relève des "vieux" qui ne désiraient plus se produire. De cette nouvelle distribution, les archives de la Jeunesse gardent un précieux souvenir : entourés par l'infatigable Henri Pirenne à la régie et par Nicolas Desart pour la mise en scène, des "p'tits jeunes" faisaient leur apparition sur les planches. Joséphine Bours, Georges Collard, Joseph Simon, Albert Simon, Georges Bastin, Albert Keutgens, Alphonse Simon et Jean Loozen remportèrent de chaleureux encouragements, profitant de l'indulgence complice de l'assemblée nous rapporte le trésorier de l'époque.
Les années '50 virent à Elsaute le retour de sociétés dramatiques extérieures: en 1951, la Dramatique de Dolhain, en 1952 celle de Romsée, alors que les festivités suivantes étaient animées par les Dramatiques de Chaineux, d'Andrimont ou de Micheroux. Pourtant la source d'acteurs locaux n'était pas tarie, loin s'en faut ! En 1965, la Dramatique Elsautoise prit le nom de Dramatique Henri Pirenne et repartit de plus belle pour ne plus quitter l'avant de la scène elsautoise et même s'expatrier loin de ses terres, toujours avec le même succès. Sous le poids des années, Henri Pirenne passa la main à Nicolas Desart puis, quand celui-ci fut admis à la retraite, à Georges Collard qui aujourd'hui encore assure la mise en scène pour le plus grand bonheur des spectateurs et des acteurs qui, pour certains, répètent depuis 30 ans semaines après semaines, pour être prêts au jour J.
Qu'ils en soient tous remerciés ! cet aperçu historique montrant à souhait qu'Elsaute et sa Jeunesse ne seraient pas tout à fait eux-mêmes sans les rendez-vous désormais traditionnels que nous fixe la Dramatique Henri Pirenne qui de ce fait continue d'exister dans le cœur des Elsautois.
En 1960, suite à la mort d'Egide Pirenne et les procédures de succession qui s'ensuivirent, le dépôt de meunerie, siège des activités de la Jeunesse depuis 30 ans, était mis en vente par soumission.
D'un intérêt capital pour la survie de la société, la Jeunesse remit la soumission la plus importante s'élevant à 108 000 francs, soit 10% inférieure à l'évaluation. Cet achat controversé représentait une occasion unique pour la Jeunesse de devenir enfin propriétaire d'un local, d'une vraie Salle, "propriété de sa Jeunesse, de ses habitants". Restait à trouver la somme demandée: soit par la contribution de "tous ensemble", soit à la faveur d'un accord avec une brasserie. C'est finalement cette dernière option qui fut choisie, la S.P.R.L. BATTA, représentée par son gérant M. Noirhomme, et Jacques Royen, cafetier, de Clermont-sur-Berwinne sengageant à prendre le remboursement de l'ouverture de crédit, moyennant la mise à disposition de la Salle à l'occasion des activités de la Jeunesse pour lesquelles le buffet serait remis à Jacques Royen.
Ce cap décisif pour l'association allait en induire un autre, aussi capital: en effet, pour pouvoir se porter acquéreur de la salle, la Jeunesse se devait d'être reconnue légalement en se constituant en Association sans but Lucratif (A.S.B.L.), ce qui fut fait dès le 2 mars 1961 avec l'apparition, à l'annexe du Moniteur Belge, des statuts de la nouvelle A.S.B.L. "Jeunesse Elsautoise" (cf. infra)
N. 739 "Jeunesse Elsautoise" à Elsaute (commune de Clermont-sur-Berwinne).
CONSTITUTION
Les soussignés:
1. M. Eugène-Bernard-Jean-Ghislain-Hubert Hardy, ouvrier de meunerie, demeurant à Lohirville, n°369, Elsaute, commune de Clermont-sur-Berwinne.
2. M. Joseph-Marie-Hubert-Englebert-Ghislain Köttgen, maçon, demeurant à Bayau, n° 74, commune de Bilstain.
3. M. Georges-Henri-Michel-Ghislain Poetgens, fermier, demeurant à Elsaute, n° 393, commune de Clermont-sur-Berwinne.
4. M. Joseph-Corneille-Marie-Ghislain Heins, boucher, demeurant à Elsaute, n° 390, commune de Clermont-sur-Berwinne.
5. M. Joseph-Alexandre-Marie Pecquet, menuisier, demeurant à Auweg, n° 295, commune de Henri-Chapelle, tous de nationalité belge.
Ont convenu de créer entre eux et toutes les personnes qui viendront à en faire partie dans la suite, une association sans but lucratif, conformément à la loi du 27 juin 1921, aux
conditions suivantes:
Titre Ier - Dénomination, siège, objet, durée.
Art. 1. L'association a pour dénomination "Jeunesse Elsautoise".
Art. 2. Son siège est à Elsaute, commune de Thimister-Clermont.
Art. 3. Lassociation a pour objet le divertissement de la Jeunesse en particulier et de la masse en général, en créant et entretenant les fêtes
annuelles, concerts, excursions, manifestations sportives, festivités diverses, etc.Elle peut faire toutes les opérations accessoires se rattachant à son but principal
et notamment acquérir un immeuble pour y organiser ses festivités.
Art. 4. Lassociation est constituée pour une durée illimitée. Elle peut, en tout temps, être dissoute.
Titre II - Des associés.
Art. 5. Le nombre des membres associés est limité. Il ,ne peut être inférieur à trois.
Art. 6. Les membres actuels sont les cinq comparants. Les admissions ultérieures sont décidées souverainement par le conseil d'administration.
Art. 7. Les démissions et exclusions des membres ont lieu dans les conditions déterminées par l'article 12 de la loi.
Art. 8. L'interdiction d'un associé entraîne, ipso facto, de plein droit sa retraite et sortie de l'association; il en sera de même des cas légaux d'absence et de
présomption d'absence.
Les associés, exclus, démissionnaires, interdits, absents ou présumés absents, ou décédés, et leurs héritiers ou ayant droit n'ont aucun droit sur le fond social, ni à quoi
que ce soit, appartenant à l'association. Ils ne peuvent réclamer le montant des cotisations, droits d'entrée, apports, transferts opérés par eux, ni leurs auteurs. Ils ne peuvent
non plus réclamer ou requérir ni relevé, ni reddition de comptes, ni apposition de scellés, ni inventaire.
Art. 9. Ils n'encourent, du chef des engagements sociaux, aucune obligation personnelle. L'engagement de chaque associé est strictement limité au montant de
ses cotisations. Celles-ci sont déterminées par le conseil d'Administration à un chiffre qui ne pourra dépenser cinq cents francs pour chacun.
Art. 10. Une liste, indiquant par ordre alphabétique, les noms, prénoms, demeure et nationalité des membres de l'association doit être déposée au greffe du tribunal
civil du siège de l'association dans le mois de la publication des statuts. Cette liste est complétée, chaque année, par le soin du conseil d'administration ; elle indiquera, par
ordre alphabétique, les modifications qui se sont produites parmi les membres.
Titre III - Administration, direction.
Art. 11. L'association est administrée par un conseil d'administration composé de trois membres au moins, choisis parmi les associés ou en dehors d'eux, nommés par l'Assemblée
Générale, sauf les premiers, qui le sont par les présents statuts, et toujours révocables. Leur mandat cesse par décès, démission ou révocation.
Art. 12. Le conseil choisit parmi ses membres un président, un secrétaire et un trésorier; ces deux dernières fonctions pourront être exercées par une seule et même personne.
En cas d'absence ou d'empêchement du président, ses fonctions sont assumées par l'administrateur le plus âgé.
Art. 13. Le conseil se réunit sur convocation du président ou de deux administrateurs. Il ne peut statuer que si la majorité de ses membres est présente. Ses décisions sont
prises à la majorité absolue des votants ; la voix du président, ou de son remplaçant, étant, en cas de partage, prépondérante. Elles sont consignées dans les procès-verbaux dans
un registre spécial et signées du président et de deux administrateurs.
Art. 14. Le conseil d'administration a, dans sa compétence, tous les actes relevant de l'administration et de la gestion sociale, dans le sens le plus large. Tout ce qui n'est
pas réservé par les statuts ou la loi à l'Assemblée Générale, est de sa compétence.
Art. 15. Le conseil peut déléguer la gestion journalière de l'association, avec la signature sociale afférente à cette gestion, à un administrateur délégué, choisi parmi ses
membres et dont il fixera les pouvoirs, ainsi que la rémunération éventuelle. Il peut également conférer tous pouvoirs spéciaux à des mandataires de son choix, avec droit pour
ses mandataires de substitution.
Art. 16. Pour tous les actes autres qui ne relèvent pas de la gestion journalière ou d'une délégation spéciale, il suffira pour que lassociation soit valablement
représentée vis-à-vis des tiers des signatures conjointes de deux administrateurs, sans que ceux-ci aient à justifier d'aucune délibération ou autorisation.
Art. 17. Les actions judiciaires, tant en demandant qu'en défendant, sont intentées ou soutenues, au nom de l'association, par le conseil d'administration, poursuites et
diligences du président ou de l'administrateur délégué.
Titre IV - Assemblée Générale.
Art. 18. Lassemblée générale est le pouvoir souverain de lassociation. Sont réservées à sa compétence:
1° Les modifications aux statuts sociaux.
2° La nomination et la révocation des administrateurs, sauf ce qui est à larticle 11 ci-dessus.
3° Lapprobation des budgets et des comptes.
4° La dissolution volontaire de lassociation.
5° les exclusions dassociés.
6° Toutes les décisions dépassant les limites des pouvoirs légaux ou statutairement dévolus au conseil dadministration.
Art. 19. Il doit être tenu au moins une assemblée générale chaque année, dans le courant du mois de janvier et pour la première fois en 1962.
Lassemblée générale peut être réunie extraordinairement chaque fois que lintérêt social lexige. Elle doit lêtre au moins lorsquun cinquième des membres associés
en fait la demande.
Toute assemblée se tient aux jour, heure et lieu indiqués dans la convocation. Tous les associés doivent y être convoqués.
Art. 20. Les convocations sont faites par le conseil dadministration et au choix de celui-ci, par carte ou lettre missive ordinaire, adressée à chaque membre, huit jours
francs avant la réunion ; elles contiennent lordre du jour.
Lassemblée pourra délibérer et prendre des décisions sur dautres points que ceux portés à lordre du jour si le conseil dadministration le juge opportun.
Art. 21. Lassemblée est présidée par le président du conseil dadministration et, à son défaut, par ladministrateur le plus âgé.
Art. 22. Tous les associés ont droit de vote égal, chacun deux disposant dune voix. Néanmoins, en cas de parité de voix, celle du président est prépondérante.
Art. 23. Les décisions de lassemblée générale sont consignées dans des procès-verbaux, inscrits dans un registre spécial, signés par le président et le secrétaire, ainsi que
les membres qui le demandent. Les extraits à fournir en justice ou ailleurs sont signés par le président ou deux administrateurs.
Art. 24. En règle générale, lassemblée est valablement constituée, quel que soit le nombre de membres présents ou représentés et ses décisions sont prises à la majorité
absolue des voix émises.
Par dérogation à lalinéa précédent, les décisions de lassemblée générale comportant modifications aux statuts, exclusions dassociés ou dissolution
volontaire de lassociation, ne sont prises que moyennant les conditions spéciales de présence, de majorité et, éventuellement, dhomologation judiciaire, à ce régulièrement
requises par les articles 8, 12 et 20 de la loi.
Titre V - Budgets et comptes.
Art. 25. Chaque année, à la date du quinze janvier, et pour la première fois en mil neuf cent soixante-deux, sera arrêté le compte pour lexercice écoulé et dressé le budget
de lexercice suivant. Lun et lautre sont soumis à lapprobation de lassemblée générale du mois de janvier suivant.
Titre VI - Dissolution et liquidation.
Art. 26. En cas de dissolution volontaire, lassemblée désignera un ou des liquidateurs et déterminera leurs pouvoirs.
Art. 27. Dans tous les cas de dissolution, largent restant sera affecté, après ,lapurement des dettes et charges, à un groupement dont lobjet se rapprochera le plus possible
de celui de la présente association et qui sera déterminé par lassemblée générale convoquée par les liquidateurs.
Art. 28. Pour tout ce qui nest pas pré "vu aux présentes, les comparants déclarent sen référer aux clauses et conditions de la loi relative à la personnalité civile des
associations sans but lucratif du 27 juin 1921 et, subsidiairement, au droit commun.
Tout associé se conforme au règlement dordre intérieur, qui sera établi par lassemblée générale et ne pourra être modifié que par celle-ci et à la majorité simple.
Titre VII - Dispositions transitoires.
Art. 29. Le premier conseil se compose de trois membres qui sont: MM. Hardy, Eugène ; Poetgens, Georges, et Köttgen, Joseph, tous prénommés, choisis par lassemblée.
Ils désignent entre eux en qualité de président: M. Hardy, Eugène ; de secrétaire: M. Poetgens, Georges; et de trésorier: M. Köttgen, Joseph. M. Poetgens, Georges a été nommé administrateur délégué, comme tel chargé de la gestion journalière de lassociation et ayant lusage de la signature sociale afférente à cette gestion. Il est spécialement délégué à leffet daccepter, au nom et pour compte de lassociation, les transferts qui seront faits à la dite association.
Toutes ces personnes déclarent accepter les fonctions respectives.
Ainsi fait en autant doriginaux que de parties à Elsaute, commune de Clermont-sur-Berwinne, le vingt-deux février mil neuf cent soixante et un.
(Suivent les signatures.)
Pour copie conforme:
Le Secrétaire Georges POETGENS
Le Président E. HARDY
I. Remarques préliminaires.
1) Ce R.O.I. est, dans l'esprit, un complément aux statuts de l'A.S.B.L. "Royale Jeunesse Elsautoise" et reprend les articles non contenus dans les statuts de l'A.S.B.L.
2) Le terme "membre" repris dans les statuts de l'A.S.B.L. concerne uniquement les membres effectifs.
3) Le conseil d'Administration et l'assemblée Générale se composent de tous les membres effectifs.
I.Conformément aux statuts (Art. 28), ce R.O.I. est établi par l'Assemblée Générale et ne peut être modifié que par celle-ci et à la majorité simple.
II. Toute personne peut faire partie de l'association à condition de partager les objectifs des présents statuts et de ce R.O.I. et que son âge soit de 14 ans minimum et de 30 ans maximum.
III. La perte de qualité de membre associé est effective dès que l'une des conditions d'admission n'est plus remplie.
IV.
1) Les membres associés sont libres de se retirer à tout moment de l'association en motivant leur retrait à la prochaine réunion du C. A.
2) Cependant, si l'intérêt de l'association l'exige, le C. A. pourra demander au membre démissionnaire de rester en fonction pendant un délai de trois mois maximum à dater
de la notification de sa démission au C. A.
3) Est réputé démissionnaire:
- Le membre associé qui ne paie pas la cotisation qui lui incombe.
- Tout membre du C. A. qui:
- aura été absent à 3 réunions consécutives du dit C. A. sauf absence valable justifiée.
- aura été absent, sur une année à la moitié des réunions du dit C. A. sauf absence valable justifiée.
VI. Si le C. A. se compose d'au moins 5 administrateurs, les fonctions de secrétaire et de trésorier ne pourront être cumulées.
VII. Tous les mandats d'administrateurs sont gratuits.
VIII. Le C. A. doit se réunir aussi souvent que l'intérêt de l'association l'exige et au moins une fois par trimestre.
IX. Un administrateur peut se faire représenter au C. A. par un autre administrateur, par mandat écrit.
X. Une assemblée générale extraordinaire doit être convoquée par le C. A. chaque fois qu'il y va de l'intérêt de l'association.
XI. Chaque associé a le droit dassister aux A. G. Il peut se faire représenter par un mandataire. Ce mandataire doit être un autre associé. Un mandataire ne peut être porteur que d'une seule procuration.
XII. Le registre des P. V. des réunions du C. A. est accessible à tout membre qui en fait la demande.
XIII. L'exercice social prend cours le 1er pour se terminer le 31 décembre.
XIV. Le trésorier sera tenu de présenter l'état des comptes et le suivi du budget à chaque réunion trimestrielle du C. A., tandis que le C. A. se réunira entre le 15 décembre et le 15 janvier de chaque année pour préparer le bilan financier à présenter à l'assemblée générale annuelle.
XV. Sur simple demande faite deux jours à l'avance, tout membre du C. A. peut, sil le juge utile, requérir l'état des comptes lors de toute réunion du C. A.
XVI. L'Assemblée Générale annuelle qui se déroulera au mois de janvier devra s'effectuer en la présence du Président d'Honneur. Et le trésorier sera tenu de" soumettre les comptes à une vérification. Le résultat des comptes ne sera pas divulgué à l'extérieur de la réunion du C. A. ou de l'A. G.
XVII. Les membres effectifs sortants (ou d'autres personnes désignées par le C. A.) peuvent devenir membres honoraires à condition de payer une cotisation déterminée par le C. A.
Ces membres honoraires ne jouissent d'aucuns des droits réservés aux membres effectifs.
Entre-temps, la Jeunesse avait organisé le 22 janvier un Grand Bal d'Inauguration dans une salle transformée, plus accueillante, puisque enfin, l'ex-dépôt ne devait plus être épuré, en toute hâte, de son "atmosphère farineuse".
Dans la vie d'une société, l'acquisition d'un local propre - ici dans toutes les acceptions du terme - marque sans nul doute l'avènement d'une ère nouvelle en tout cas pour la Jeunesse d'un air nouveau moins farineux !
Dès lors, la Jeunesse put adopter une vue à long terme et adapter l'ancien dépôt aux besoins des manifestations: le premier pas fut fait en 1966 avec l'achat du terrain sis en prolongement du bâtiment qui se vit, en 1968, ajouter des cuisines et W-C, financés sur fonds propres par la Jeunesse qui y laissa toute sa caisse.
La propriété dune Salle ouvre dautres perspectives, mais permet aussi de profiter de ressources financières nouvelles, sous forme de prix de location; elle implique aussi
automatiquement une gestion plus complexe, équitable quant aux tarifs demandés pour disposer de la Salle. En 1965, le comité établit donc les premiers tarifs de location:
- 2500 F. (pour la location) pour un bal organisé par une société étrangère.
- 1500 F. pour la location de la Salle pour une société dElsaute - Foot ou Dramatique -
- 800 F. pour la location de la Salle pour toute autre activité sauf décès fixé à 600 F.
Mais, en cette année 1968, la Jeunesse connut une perte bien plus lourde avec la mort de Henri Pirenne, son Président d'Honneur à vie dont les actions et les encouragements avaient, au long de plus de 60 ans de vie commune, porter la Jeunesse. Enterré le 25 novembre 1968, il fut accompagné dans sa dernière demeure par les membres de la Jeunesse et de la Dramatique, sa descendance spirituelle en quelque sorte.
Henri Pirenne avait mis la Jeunesse en selle, il ne restait à la société qu'à contrôler sa course et trotter, galoper vers d'autres cimes dont la plus accessible n'était certes pas l'approche du septante-cinquième anniversaire de la Jeunesse doublé par les caprices de l'Histoire de la reconnaissance pour celle-ci du titre de société royale.
Pour mener ces objectifs à bien, il fallait donc que la Jeunesse se choisisse, dans un premier temps, un nouveau guide, un conseiller expérimenté ; réunis en Assemblée Générale, les membres honoraires et effectifs élirent à une forte majorité Albert Keutgens-Bragard, ancien Président de la Jeunesse de 1947 à 1952, qui depuis son retrait de la Jeunesse était resté fidèle à ses activités. "Séparation mais pas divorce", nous dit Albert dans la préface de cet ouvrage ; c'est aussi le résumé de sa conception de la Présidence d'Honneur: toujours disponible, il se veut un guide discret, généreux en encouragements et en casiers
"Président d'Honneur et Président donneur" selon l'expression inspirée d'un journaliste qui en la circonstance le fut tout autant
C'est donc sous son oeil bienveillant d'éternel Elsautois, qui connut avec ravissement la première Saint-Eloi que la "Jeunesse Elsautoise" vécut ces vingt-six dernières années et deux anniversaires qui feront date.
En 1970, la Jeunesse Elsautoise s'attache avec succès à fêter comme il se doit un septante-cinquième anniversaire. Quel chemin parcouru depuis 1895, quand quelques jeunes du village tinrent le pari, sans cesse renouvelé, d'animer Elsaute une fois par an !
La société eut d'abord le devoir et l'honneur de corriger un oubli de l'Histoire: la Jeunesse allait avec 25 ans de retard se voir accorder le titre de "Royale" ; grâce à l'appui d'Albert Keutgens et du sénateur-bourgmestre d'Aubel, M. Baltus, Gilles Flas recevait enfin le 30 juillet 1970 le brevet tant convoité. Juste à temps car le mois d'août sannonçait déjà avec son lot d'animations et de nouveautés pour une fête que la désormais "Royale Jeunesse Elsautoise" voulait exceptionnelle. En effet, après les démarches et contrôle d'usage, Elsaute accueillait, pour la première fois dans la région, une manche du Championnat de Belgique de go-kart. Le dimanche 9 août, un public nombreux - 800 personnes - put assister aux évolutions d'une meute déchaînée menée par le champion du Monde 1969, Francis Goldstein, sur un circuit - tracé autour de la Salle- qui permettait toutes les audaces. La journée du 15 août porta, elle aussi, la griffe de la réussite: tout ce que le village comptait d'âmes s' était rassemblé dans la Salle de la Jeunesse pour assister à la partie académique où maints discours vinrent souligner le dévouement des membres successifs dans la juste suite des fondateurs ainsi que les perspectives nouvelles qui s'offraient à la Jeunesse avec une salle embellie et agrandie.
Encouragés par le vif succès de la Fête, tant financier -ce n'était pourtant pas l'objectif- que populaire, les membres de la Jeunesse, indépendants et faisant preuve de responsabilité, décidèrent de déplacer la Saint-Eloi au dimanche précédant le 1er décembre, pour assurer la pérennité de cette activité si typique elsautoise, "nichée" au sein de l'hiver et qui connaissait une baisse de fréquentation. En effet, la bénédiction des chevaux et des cavaliers en pleine semaine ne permettait quaux seuls fermiers de se libérer. Or, déjà en 1970, les chevaux de trait, jusqu'alors fortement utilisés dans les exploitations agricoles, étaient supplantés par la mécanisation. Alors que l'attrait pour les chevaux de selle, nouveau loisir à la mode, était grandissant. La Saint-Eloi devait donc se tourner vers ce nouveau public. Ce qui fut fait avec grand bonheur puisque, depuis lors, le nombre de cavaliers présents, et donc de montures, ne fit que croître: aujourdhui plus de 300 chevaux arpentent chaque année, le dimanche suivant la Saint-Eloi, le pont de l'autoroute qui les mène depuis la potale jusqu'à la salle où tombola et restauration les attendent.
Aujourdhui, messe et bénédiction ont trouvé leur place le 1er dimanche de décembre, tout comme la Fête annuelle noublie jamais le 15 août. Pourtant, en raison de la concurrence de La Minerie, lAssomption faillit bien être abandonnée aussi. En 1964, le comité avança la kermesse aux 25,26 et 28 juillet. Tout porte à croire que ce déplacement fut mal accepté car la Fête se solda par un mince déficit, suffisant néanmoins pour que la Fête réintègre sa place au cœur du mois daoût.
Après une année 1970 marquée par le sceau de la réussite, la Jeunesse devait s'atteler à un nouveau challenge. Elle n'eut guère à chercher: la salle était dans un tel état de délabrement que des consignes évidentes de sécurité contraignirent la Jeunesse à fermer sa Salle en attendant de nouvelles transformations.
La Jeunesse dut cette fois-ci, vu lampleur des travaux consentir un prêt de 350 000 F. auprès de l'ANHYP, somme qui venait sadjoindre aux 200 000 francs de Jacques Royen qui prolongeait ainsi pour 15 ans sa collaboration avec la Jeunesse d'Elsaute.
De ces transformations naquit la Salle actuelle qui, pour sa réouverture, accueillit, en ses tout nouveaux murs, un bal, le premier d'une longue série: bals des Fleurs, du Président d'Honneur ou Nuit du Pèkèt, comme la dernière en date, le 25 novembre 1995, les soirées devinrent bientôt tout aussi traditionnelles pour les jeunes des années 70, 80 et 90 que ne l'était la Saint-Eloi pour leurs parents et grands-parents.
Devant assumer régulièrement les remboursements, la Jeunesse, entre 1972 et 1986, ne connut pas que des heures faciles ; l'argent devait rentrer !
La Jeunesse Elsautoise dut étendre et développer ses activités: l'année 1983 fut ainsi fertile en innovations: 1er Cabaret franco-wallon, premier apéritif musical après la procession et premiers Jeux Interquartiers, ces joutes engagées qui opposent, tous les deux ans, Lohirville, les Quatre-Chemins, Bois-la-Dame et le Centre dans le meilleur esprit.
En 1976, la Royale Jeunesse Elsautoise organisa également son premier Souper de Réveillon dans une salle recouverte de branchages du sol au plafond. 1976 vit aussi l'arrivée sur nos terres du Sacré-Cœur, sauvé de la démolition par le Révérend Père Fabry, personnage haut en couleurs, qui attira, à Elsaute, par ses sermons enlevés, des fidèles venus de toute la région. Nous restent du "petit père" les orgues de l'église paroissiale et ce monument du Sacré-Cœur qui trouva refuge à côté de la Salle.
Ainsi s'achève le panorama d'Elsaute, dressé au long de cet historique, plan serré sur notre hameau, fruit de la tradition et de l'évolution, valeurs rarement conciliables pourtant !
Elsaute et sa Jeunesse, sa Salle, ses personnalités marquantes ; Elsaute et son autoroute, son T.G.V.; Elsaute et ses monuments
Puissions-nous encore longtemps cultiver avec bonheur ces spécificités, si souvent enviées !
C'est en tout cas avec plaisir que j'aurai parcouru avec vous, Elsautois ou amis d'Elsaute, cent années d'une société portée sans cesse vers l'avenir par les générations successives et les projets menés à terme.
Je tiens à remercier toutes les personnes ayant de près ou de loin participé à la réalisation de cet ouvrage, et en particulier Albert Keutgens, tous les anciens Présidents de la Royale Jeunesse Elsautoise, ainsi que Olivier Houet pour la mise en page.
Pour la Royale Jeunesse Elsautoise
Grégory CORMANN
novembre 1995